mardi 12 mai 2015

Préparation au mariage



Pour de vrai, je les connais bien, très bien même. Ça fait plus de quinze ans que je pratique ce groupe de gens et leur humanité si profonde. Pas pour rien que j’ai choisi l’une d’entre eux comme témoin.
Je n’ai pas été très surpris qu’ils nous proposent un week-end de préparation au mariage. Je m’attendais bien à ce qu’il soit très riche.
Y’a pas à dire. Au bout de quinze ans, ils me surprennent toujours, avec cette capacité d’écoute, d’attention et surtout, cette capacité d’accompagnement – c'est-à-dire suivre la route de l’autre au plus près, quelques soient leurs routes personnelles.
Ils nous ont donc pris sous le bras pour nous emmener dans un des centres spirituels de la région – celui où ils avaient préparé leur propre mariage. On s’est retrouvés là avec des souvenirs de WE spi passés à l’époque, mais aussi avec nos vies d’aujourd’hui…
Se replonger dans ce qui nous anime l’un et l’autre, ce qui fait que nous avons aimé – et aimons – l’autre a été très chouette.
Il a fallu des techniques de sage-femme pour nous faire voir ce que – déjà – notre couple a comme fruits. Faut dire que – l’un comme l’autre – on n’est pas du genre se complaire dans l’admiration de ce qu’on peut faire. Mais là, c’était bien d’apprendre à regarder ce qui se vit déjà avec un regard vrai dont il était question.
Et puis, comme on était un peu en mode « anciens du … », il y a eu le plaisir de retrouver une de nos anciennes accompagnatrices, sa rigueur dans la préparation et la façon dont elle nous a suivi tous, de plus ou moins loin.
Le plaisir aussi de retrouver un prêtre de la maison, sa façon de prier en dansant (et faisant danser), ses palabres qui s’illustrent de dessins crayonnés. Sa grande connaissance de la vie de couple, et sa façon d’en parler, inimitable, avec des Arlésiennes et des esquimaux ou, à l’époque, des chars à voile et des voitures à pédale.
On a fait face à toutes les questions, notamment celles qui vont se poser en vérité dans un avenir très proche. Celle qui jaillit, naturellement, de notre vie de couple et d’un désir de vie. Sans détour et sans se mentir, sans juger à priori, en sachant toujours voir le beau dans ce désir et les difficultés pour le vivre.
Bien sûr qu’il n’y a pas de réponse donnée aujourd’hui. Mais un rappel de cheminement dans le choix qui fait toute la force des Ignaciens*.
Il y a eu, aussi, tout autour de ce week-end, des gens qui ont été en union de prière, ou tout simplement de pensée. Ces unions de prière, pour moi, l’un des signes visible de la communion des Saints. Encore merci pour eux.


* famille spirituelle se reconnaissant dans les enseignements de Saint Ignace de Loyola (fondateur des Jésuites) dont les Exercices spirituels ont – entre autres – pour but d’aider à faire des choix.

lundi 12 janvier 2015

Blasphème !

Ce soir-là, ils sont réunis parce qu'ils n'en pouvaient plus. Laisser encore ce trublion galvauder la foi de leur pères, laisser ce guru proclamer de partout sa haine du Temple, laisser cet agitateur se moquer du Shabbat n'était plus possible. 
On avait réussi à le faire venir, à l'amener. Il avait fallu payer, employer la manière forte, mais il était là et on allait enfin pouvoir s'expliquer face à face.
Lorsque Yeshua ben Yoséf leur fut présenté, on amena des témoins qui rapportèrent les blasphèmes qu'il avait fait. Yeshua ben Yoséf  ne répondit pas. On finit par lui poser la question :
- Es-tu le Messie, le fils du Seigneur Tout Puissant ?
Et il leur répondit :
- Ce que vous dites est vrai et vous verrez bientôt le fils de l'Homme siéger à la droite de Dieu.

Alors, c'en était fait. Non seulement il ne niait pas, mais il osait encore répéter ce blasphème à la figure du Grand Prêtre. C'est là qu'un soldat l'a giflé.

(Librement inspiré des récits de la Passion : Mc 14, 53-65; Mt 26 5-68; Lc 22 66-71)

Juste un petit texte pour dire ma position en ces jours sur le blasphème. Je comprends totalement les gens qui se sentent blessés au plus profond d'eux-même par certains discours ou caricatures. Mais je reste farouchement attaché à une liberté d'expression qui va jusqu'au blasphème. Justement parce que j'ai tendance à revivre ce procès du Christ qui commence par une accusation de blasphème. Certes, il sera finalement condamné pour motif politique (celui-ci est le Roi des Juifs), mais quand les autorités religieuses se réunissent, quelques jours avant la Pâque, il s'agit bien d'arrêter un blasphémateur.

Il me semble lire tout au long des Évangiles que ce qui semble le blasphème le plus important pour le Christ, c'est bien l'atteinte à l'humain, au prochain. Alors, oui  il y a des limites à la liberté d'expression et elles sont prévue dans la loi française : appel à la haine, diffamation, ... Ce sont justement les moments ou l'expression de l'un porte atteinte à l'intégrité de l'autre. Et même si Charlie Hebdo ne m'a pas souvent convaincu, je sais que la liberté d'expression doit aller jusque là.

Il me semble que, pour le Christ, le blasphème le plus important c'est l'atteinte à l'humain. Je pense que le blasphème le plus important contre Dieu serait celui-là :






Oser dire que Jésus Christ, Fils de Dieu et personne divine est mort sur une croix est un blasphème inouï. Mais il nous rappelle - puisque le Christ prend sur lui toute la souffrance humaine - que quiconque fait souffrir son prochain est un blasphémateur.

(Ce qui, n'empêche pas de méditer sur le pardon que le Christ propose à tous ses bourreaux ...)

lundi 23 juin 2014

Témoins

J'ai déjà dit un peu de comment j'avais choisi mes témoins.


 J'ai été très touché de voir qu'aucun d'entre eux ne s'attendait à ce choix ...
Je crois pourtant ne  pas forcément être allé chercher très loin ...
Je me rends compte aussi que j'ai choisi des personnes qui n'ont pas fait de calculs, de prévisions.
Des personnes qui sont capables de ne voir dans l'amitié que quelque chose de gratuit.
Qui laissent se vivre les choses plutôt que vouloir les contraindre  leur désir.

Je sais aussi que j'ai fait ces choix-là aussi pour ça. Pour cette capacité à laisser l'autre libre.

Je n'avais pas fait attention au fait qu'ils ne s'étaient jamais rencontrés ... Même si le choix de deux sphères différentes était voulu et assumé, je pensait que peut-être au moins une fois, peut-être ... Mais du coup - j'avoue - je suis curieux de voir ce que ça peut donner, cette rencontre ...

C'est vrai que c'est là, dans ce croisement de deux mondes que tout semble éloigner que je sais avoir ma place et où se dessinent le plus souvent les fruits de la Vie.


samedi 21 juin 2014

Se marier



D'abord, ce fut un rêve, un idéal. Pendant plus d'un an, ce fut une lutte, un combat.
Aujourd'hui, commence à s'inscrire dans la réalité les débuts de ce grand jour. Et c'est un nouveau chemin que j'arpente avec joie, la main dans la main de mon homme.
Le choix de la salle nous a amené à de belles virées dans les très belles campagnes - pas très loin de notre grande ville. L'occasion de (re)découvrir des lieux enchanteurs, des collines vallonnées, des maisons de maître, des caves voutées. De rendre grâce pour les beautés de la nature, de rendre grâce pour les pierres assemblées par les hommes et surtout, pour s'émerveiller de l'alliance des deux. Ce fut aussi le moment de confirmer l'importance d'un vrai espace de danse. Etre tous ensemble, à certains moments, pour danser nécessite forcément de la place. Bien sûr, pouvoir aussi être à l'aise pour bien manger était important...
Le choix des témoins est aussi un moment de grâce : tant et tant de visages qui défilent, tant et tant de moments d'amitié, tant et tant de soutien, de présences ... Ce que je souhaitais, c'était des témoins de notre vie de couple, des témoins de mon engagement de croyant homosexuel, des témoins de ce qui me fait vivre, de ce qui nous fait vivre. C'est finalement deux très belles personnalités que j'ai choisies. Histoire de marquer une histoire déjà longue et une histoire à écrire. Et il y a encore d'autres belles personnes auxquelles nous pourront dire, dans notre préparation au mariage, à quel point elles comptent pour nous.
J'essaierai de vous partager la façon dont cette préparation œuvre en nos cœurs, assez régulièrement j'espère.
En guise de conclusion, j'évoquerai la retraite spi que mon homme a fait récemment dans un monastère. Il n'est pas croyant, mais a accepté volontiers la proposition d'une amie. Il en est revenu très emballé, me disant que je devrai en faire plus souvent ...